Just Fontaine, le héros méconnu de la promotion en D1 du Paris Saint-Germain en 1974

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Just Fontaine est décédé à 89 ans. Le départ d’une légende du football français, qui a marqué l’histoire de son sport sur les terrains en plantant 13 buts en une seule Coupe du monde en 1958. Mais Fontaine n’a pas seulement marqué ; il a aussi entraîné. Et il a même écrit l’une des plus belles pages du Paris Saint-Germain, lors de la promotion en D1 en 1974.

Just Fontaine, nommé coach de l'équipe de France en 1967

Crédit: Getty Images

"Le public de Paris attend de nous que nous fassions une grande équipe. On essaiera de leur donner des émotions, mais pas autant que ce soir, parce que j’ai failli y passer." Le 4 juin 1974, la vie de Just Fontaine a bien failli basculer. L’immense joueur de l’équipe de France et inoubliable buteur de la Coupe du monde 1958, il y a 49 ans plus tôt, a manqué de quitter ce monde d’un souffle. La faute à une promotion en Première Division, à la tête du Paris Saint-Germain.

Le défi du PSG

En 1973, l’avalanche de buts de Just Fontaine lors du Mondial en Suède date d’il y a 15 ans : de l’histoire ancienne, en somme. L’ancien buteur est retiré des pelouses, il s’apprête à y faire son retour en tant qu’entraîneur. Il a bien coaché l’équipe de France en coup de vent en 1967, et Bagnères-de-Luchon en 1968-1969 ; mais à l’été 1973, le défi qui s’offre à lui est d’un autre ordre.
Ce défi, c’est d’emmener le Paris Saint-Germain en Première Division. L’équipe est catapultée en D2, alors qu’elle venait d’être reprise en main par une clique de personnalités telles que Jean-Paul Belmondo et Daniel Hechter, qui préside le club depuis le début de la décennie. Ce dernier, créateur de mode, ne se trompe pas au moment de choisir le bonhomme qui fera retrouver l’élite à son écurie, comme il le raconte au Parisien en 2020.
"J'ai fait la connaissance de Just Fontaine grâce à Jacques Bloch, qui travaillait chez moi comme directeur des sports. On a vu ensemble la finale, et ça a collé immédiatement entre nous, explique-t-il alors. La première année, Just occupait le poste de directeur technique mais c'est lui qui manageait l'équipe. C'était un fantastique technicien, un vrai chef d'équipe."
Le PSG épaissit considérablement son effectif à l’été, grâce notamment à l’aide financière de RTL qui veut voir le club au sommet du football national. Les Parisiens sont donc dirigés informellement par Just Fontaine, qui ne se prive pas d’un cigare au coin des lèvres à l’entraînement.
Sur le terrain, Jean Deloffre et Mordechai Spiegler mènent la danse. L’équipe inscrit la bagatelle de 70 buts dans la saison, mais se fait coiffer au poteau par le Red Star, qui obtient la première place du groupe B de D2 synonyme de promotion. Le PSG, lui, doit jouer sa montée face à Valenciennes dans un barrage aller-retour.

Une montée au bout du suspense

2-1, score final à l’aller à Valenciennes ; le PSG doit gagner par deux buts d’écart dans son Parc des Princes au retour, le 4 juin 1974, sous peine de voir RTL se défiler et le projet sportif se déliter. Peine perdue, à la pause : les Parisiens regagnent le vestiaire sur un score nul. "Justo nous a secoués, se souvient pour L’Equipe Eric Renaut, arrière du PSG lors de la rencontre. Son discours a été bref mais efficace : 'A vous de choisir : l'an prochain, vous voulez jouer devant 30 000 personnes au Parc ou devant 3 000 au Camp des Loges !'"
La remontée de bretelles porte miraculeusement ses fruits : le PSG bat Valenciennes 4 à 2, et composte son billet pour la D1. Le Parc entre en fusion, et Just Fontaine s’effondre sur le coup de l’émotion : il ne revient à lui que quelques minutes plus tard, dans les vestiaires. Le summum de son histoire commune avec le PSG, qu’il attaquera ensuite devant les tribunaux pour licenciement abusif dans un procès qu’il remportera.
Sans rancune, néanmoins. Puisque l’ancien dirigeant du PSG, qui n’a régularisé son contrat d’entraîneur qu’après la promotion en 1974, répéta ensuite à loisir et toujours plein de dérision qu’il était "le seul entraîneur au monde à avoir fait monter Paris en D1 ; puisque depuis, ils y restent." Un exploit de plus, malgré tout, à mettre au crédit du bonhomme.
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